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MOSSET par Gérard CAHN
président de la Commission artistique
Espace d'Art Contemporain Fernet Branca

La peinture ne s’explique pas.
J’ai toujours « admiré » les critiques d’art qui prétendent, eux, pouvoir expliquer les démarches d’un peintre ou la signification d’un tableau alors que seul le peintre pourrait le cas échéant s’exprimer à ce sujet.
Lorsqu’on a interrogé Olivier MOSSET, il a répondu ceci :« Regardez mes toiles de n’importe quelle période que ce soit, il ne s’y passe rien. La seule chose à faire est d’aller voir ailleurs s’il se passe quelque chose, précisément ».
Et il ajoute ceci : « Ma peinture ne représente rien à proprement parler, l’espace que je constitue ne renvoie pas à une extériorité supposée plus consistante ou plus réelle – c’est l’équivalent. Il n’y a pas plus à contempler là qu’ailleurs, ni moins ».
Ce que l’on peut dire quand même, c’est que MOSSET a toujours voulu s’effacer derrière sa peinture et il prône l’anonymat, la neutralité et la discrétion qui sont les traits caractéristiques de son œuvre.
Cet effacement a même amené le peintre à suggérer de supprimer son nom sur les cartons d’invitation au vernissage pour ne laisser apparaître que l’œuvre et s’il a donné ensuite  des titres aux tableaux ceci n’avait strictement rien à voir ni de près, ni de loin avec l’œuvre.
Au départ, les toiles d’Olivier MOSSET étaient marquées, certaines avec des lettres et d’autres avec des chiffres, puis ensuite il a détruit l’étoile chiffrée et va recouvrir de peinture blanche des châssis sur lesquels précédemment il avait collé des cigarettes et des paquets de cigarettes ce qui donnait un relief blanc. La surface était marquée par des irrégularités ou par la texture même de la toile. 
Il refait un MONDRIAN ou un ROTHKO à partir d’une simple reproduction mais il va s’intéresser à RAUSCHENBERG, à Frank STELLA, à MORRIS Louis et ce sera la série des cercles et surtout la répétition du cercle, cercle noir sur fond blanc, et qui flotte au milieu de la toile à égale distance des côtés et des angles.
Comme le Carré Noir de MALEVITCH, le tableau peut être accroché dans tous les sens.
C’est Daniel BUREN qui va repérer les cercles mais ensuite Olivier MOSSET va entreprendre ses peintures  à bandes, c’est à dire avec des rayures verticales pour arriver ensuite au monochrome.
Les monochromes de MOSSET peuvent être rapprochés des monochromes d’Yves KLEIN.
Le passage des bandes ou des rayures au monochrome suivra donc le passage des cercles aux bandes.
Ce qui doit également être souligné, c’est la forme géométrique qui est le code conducteur avec l’apport d’une bande, d’une rayure, d’une étoile ou encore d’une croix. C’est également l’association des couleurs qui vient rompre l’ordonnancement géométrique.
Olivier MOSSET a été le co-signataire d’un manifeste exprimant sa volonté de rupture radicale avec la peinture dominante, c’est-à-dire avec l’école de PARIS ou avec l’expressionnisme abstrait.
Il est sans doute mal à propos de parler de « périodes » ou encore de « séries » puisque Olivier MOSSET  déclare qu’il n’y a pas « vraiment de transition » car « il s’agit toujours de la même affaire : de peinture, de ce qu’est vraiment peindre, et comment peindre ».

Gérard CAHN

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photo:Guy Buchheit



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